Synthèse pour les décideurs :
- Obligation d'autorisation préalable délivrée par l'Agence de Bassin Hydraulique (ABH) avant tout sondage ou forage.
- Installation obligatoire de compteurs volumétriques télérelevables sur les forages agricoles.
- Mise en place de redevances d'utilisation de l'eau du domaine public et sanctions pénales renforcées.
- Déploiement des contrats de nappe pour réguler les prélèvements dans les zones de déficit critique (Saïss, Souss, Haouz).
1. Le nouveau cadre juridique du Domaine Public Hydraulique (DPH)
La loi 36-15 a profondément refondu la gouvernance des ressources hydriques au Maroc en renforçant les prérogatives des Agences de Bassins Hydrauliques (ABH). Désormais, aucun forage, puits ou aménagement de dérivation superficielle ne peut être entrepris sans autorisation d'exploitation délivrée à la suite d'une enquête hydrogéologique contradictoire. Pour les investisseurs, cette étape conditionne également l'octroi des subventions du Fonds de Développement Agricole (FDA).
2. Les points de blocage récurrents constatés sur le terrain
Nos experts constatent que plus de 35% des dossiers déposés par les exploitants agricoles subissent des retards d'instruction pour non-conformité du dossier technique : absence de plan de situation côté géoréférencé, mauvaise évaluation du rayon d'influence sur les captages voisins ou débit sollicité disproportionné par rapport aux capacités de recharge de la nappe. Une étude hydrogéologique préalable rigoureuse permet de diviser par trois le délai d'obtention de l'arrêté d'autorisation.
3. L'impact direct des Contrats de Nappe sur les assolements
Dans les plaines soumises à contrat de nappe (telles que le Saïss, Chtouka ou la nappe du Tadla), des quotas volumétriques stricts sont alloués aux exploitants. Tout dépassement expose à des pénalités financières et à la suspension du raccordement. L'ingénierie d'irrigation doit donc être repensée pour moduler les besoins en eau à la parcelle via des stations météo connectées et des sondes capacitives.

